GASNY. Samedi soir, les « teufeurs » ont investi une friche industrielle. Dimanche, le matériel sono leur a été confisqué.
Les rues de Gasny n'avaient jamais vu autant de circulation un samedi soir. Venus de région parisienne et de toute la Normandie, mais aussi de l'Yonne et d'ailleurs, des centaines de jeunes ont convergé vers la friche industrielle de l'entreprise Steel Systèmes, située à l'extérieur de la commune, et ont pris possession d'un immense hangar désaffecté en début de soirée.
« Nous avons été alertés vers 22 h 30 et quelque 250 personnes occupaient déjà l'usine, relate le capitaine Jean-Pierre Wantiez, adjoint au commandant de la compagnie de gendarmerie des Andelys. Nous avons mis en place un dispositif avec quinze gendarmes pour sécuriser les lieux et établir des rondes de surveillance. »
Bâtiment dangereux
En effet, abandonné depuis six ans, l'endroit est dangereux. Une donnée qui n'échappe pas aux organisateurs de la rave puisqu'ils balisent eux-mêmes la zone où ils cantonneront les « teufeurs ».
« C'est la première fois qu'une telle chose arrive à Gasny, raconte le maire de la ville, Pascal Jolly. Les gendarmes ont efficacement pris les choses en main et nous avons affaire à des organisateurs courtois et responsables. Toujours est-il que ce genre de rave « sauvage » est interdit. J'étais déjà intervenu auprès du propriétaire de l'usine pour que le terrain soit clos mais cet événement va précipiter les choses. »
Au fil de la soirée, le nombre des teufeurs augmente pour atteindre les huit cents. Les effectifs de la gendarmerie montent aussi en puissance. La compagnie des Andelys est renforcée par celle de Louviers et d'Evreux.
Une personne en garde à vue
Dimanche, pour le départ des teufeurs, quarante-cinq gendarmes sont mobilisés. Dépistages alcool et stupéfiants sont pratiqués sur les conducteurs. Neuf sont positifs. Les véhicules sont inspectés. Huit grammes de cocaïne sont saisis. Le détenteur est placé en garde à vue.
En fin d'après-midi, les gendarmes retiennent les fourgons. Les « teufeurs » tentent de négocier. « Nous faisons juste la fête, argue Julien, un des organisateurs. Chacun de nous apporte une partie du son. Il n'y a eu aucun débordement, aucune plainte. Ce n'est pas juste de nous prendre notre son. » Peine perdue ! Les gendarmes ont confisqué le matériel de sonorisation.
F. T.
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